Il est dimanche matin, et depuis hier soir il neige. Voila, c’était la brève du jour. Et comme c’est un article bref et à titre purement informateur, le photographe en pantoufles et en pyjama n’a pas voulu sortir dans ce froid et a donc opté pour une vue d’intérieur.
Archives mensuelles : février 2012
London Calling
“Celui qui est fatigué de Londres est fatigué de la vie” peut on lire sur le frontispice de la maison de Samuel Johnson, dans le quartier d’Holborn. Deux cent cinquante ans après, la formule se tient toujours. Certes, il serait difficile, même pour le personnage le plus misanthrope qui soit, de se montrer blasé de la ville au bout de deux jours, tant elle a à offrir. Par contre, l’agoraphobe peut tout de suite rayer cette destination de sa sa liste. Pour ma part, il était temps d’y poser les pieds. Il m’aura fallu attendre 20 ans pour cela, et ça commençait à devenir un peu lassant de connaître l’endroit uniquement à travers les films ou les récits des amis.Mais qu’importe, je ne me plains pas. D’ailleurs, le fait d’habiter en Angleterre depuis cinq mois, dans une ville à 2H30 de train ou de bus, pour un aller-retour s’étirant entre 3 et 15 livres, et d’avoir attendu fin janvier pour faire le déplacement montre très bien qu’il n’y a pas que Londres dans la vie, et qu’on peut très bien faire sans. Quant on y est, par contre, la on se dit “ben tiens, finalement j’aurais peut être du y venir plus tôt”. Mais, comme la vie est un grand équilibre, il y a du bon à ne pas y passer tous ses week end! En tout cas, c’est ce que me dis mon portefeuille. Car disons le tout de suite, Londres est chère! Le ticket de métro à 4,30 GB donne plus de force au vieil adage “une ville, ça se visite à pied”. On a des principes ou on en a pas (cette formule peu aussi s’appliquer avec les sous), et même si après un aller retour Covent garden/ Tower Bridge (pour ceux qui se repèrent) en trois heures le samedi matin on a le temps de se dire que finalement le métro c’est pas si mal, la flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas!. Bon, après, petit conseil que j’appliquerais au prochain séjour, prenez le Pass pour la journée à 7GB et rentabilisez le, ou si vous restez plus longtemps celui de la semaine à 20.
Vendredi matin, c’est sous un grand ciel bleu que je sors de la gare. Comme quoi, même le temps se met à faire de la pub pour les Jeux Olympiques qu’accueillera la ville dans 6 mois (et ça se voit, la moitié de la ville est en travaux). Jonglant avec aisance sur deux lignes de métro (qui au passage n’a rien à voir avec celui de Paris, propre, discipliné, on s’y sent presque en sécurité) et finissant le reste du trajet à pied, je pose ma valise à l’hôtel et repart aussitôt.
Direction Trafalgar Square, un sandwich Libanais à la main. Et assis sur un banc face au plan d’eau, au soleil et me préparant à la première bouchée de ce ô combien délicieux sandwich, ma vigilance se relâchait en même temps que les senteurs orientales émanaient de mon poulet. Grossière erreur! Je dus faire face à la plus terrible des menaces de ce week end. Cela ne faisait même pas deux heures que j’avais posé le pied sur le sol Londonien…Il est temps de briser l’Omerta qui règne dans cette zone. Quelqu’un doit dénoncer le quotidien de ce parc. Mais déjà, visualisons le coupable :
La technique est bien rodée. Couvrant l’ensemble du parc, aucune zone n’est sure. La première étape consiste à attirer le passant jusqu’à un point de non retour, jouant sur la carte de la sensiblerie. Dans un souci de ne rien laisser filer, tout le monde est appréhendé. Le naïf qui croit retenir l’écureuil avec une simple tentative de caresse est vire rappelé à la réalité : “un truc à grignoter, sinon je me barre”, tempère l’écureuil! Par contre, quand y a quelque chose d’intéressant, comme un sac de fruits secs spécialement préparé pour l’occasion, l’écureuil devient vitre votre meilleur ami!
D’ailleurs, une fois les présentations faites, c’est un ami collant. Photographier accroupi un écureuil sauvage n’est pas une tache facile, l’animal se faisant un malin plaisir à ne pas respecter les distances de mise au point de l’objectif et à me grimper dessus pour m’extorquer mes fruits secs.
Mais la concurrence est rude. D’ailleurs, rappelons que chaque écureuil est indépendant, et protège sa zone férocement. C’est la loi de la jungle! Mais il n’est pas le seul chasseur, les pigeons et oies jouent aussi sur leur succès!
La popularité des écureuils a de quoi agacer les autres membres du parc, qui n’hésitent pas à montrer leur mécontentement quand ils le peuvent :
Finalement, après une lutte acharnée, le passant parvient à s’extraire de cet enfer vert, laissant derrière lui le terrible prédateur, jamais repus :
Encore quelque peu confus, le clocher de Big Ben guide alors le voyageur sans destinations fixes, et qui improvise à chaque coin de rue.
Et la, alors que je ne m’attendais qu’à un simple clocher, c’est tout Westminster qui s’offre à ma vue. Rappelons que ce premier week-end, c’était du débroussaillage touristique, donc le mode flâneur était autorisé, et même de mise.
D’ailleurs, flânerie dans les rues résume bien mon activité jusqu’à la fin de l’après midi.
Et puis à la tombée de la nuit, direction le Royal Opera House, pour la première de Cosi Fan Tutte, qui était le prétexte de ce week end! Covent Garden, c’est bien, mais un peu petit quand même!
Le lendemain matin, lever tôt pour se rendre à St Paul. C’est enthousiaste que l’on franchit les imposantes portes, c’est en colère que l’on en ressort quelques instant après lorsque l’on découvre que la cupidité anglaise va jusqu’à faire payer l’entrée d’un lieu saint. Le plus ridicule réside dans le prix honteux : 14,30 GB! Nous avons parlés plus haut de principes financiers, ceux ci étaient toujours de mise. Et puis de toute façon, l’intérieur à été reconstruit y a même pas 300 ans, devait pas y avoir grand chose à voir! Et puis l’extérieur est le plus impressionnant! A première vue, la centaine de tentes sur la place de l’eglise semble abandonnée tant son état est critique. Mais non, celles ci sont fièrement habitées par de jeunes indignés, fermement résolus a montrer leur mecontentement. J’avais lu un article selon lequel la police s’inquiétait des conditions sanitaires du campement. Eh bien il y a de quoi s’inquiéter en effet. Rien que pour rester dans le froid, ces hommes méritent notre respect. Pour le reste, si l’idéal est noble, la portée semble assez faible. Je ne veux pas être sceptique, mais faire l’indigné en Angleterre, le pays qui a laissé crever de faim les irlandais dans leur prison, ça semble un peu risible quand même. Par contre, si ils veulent s’indigner devant les tarifs de St Paul, surtout qu’ils n’hésitent pas!

Tant qu’on en était à St Paul, autant pousser jusqu’à la Tour de Londres et au Tower Bridge. Eh bien la première chose que j’aimerai souligner, c’est que finalement, avec le recul, c’est plus loin qu’il n’y parait! Et puis, toujours dans l’optique il-fait-beau-restons-dehors-et-ne-payons-pas-des-fortunes-pour-visiter-les-intérieurs, petite ballade autour du pont avant de rentrer par l’autre rive.
L’après midi fut une longue ballade dans les rues, agrémentée de quelques musées, le Tate et la National Portrait, avant de retourner à l’Opéra pour un Don Giovanni de Feu.
Pour ce qui est de la biére londonienne du Week-end, bonne surprise de la part de la Bombardier :
Au final, Londres est une ville extraordinaire, mais ce qui est vraiment extraordinaire, c’est que je n’ai finalement exploré que deux quartiers pour me faire cette opinion. Ce week-end fût plein de merveilleuses surprises, de découvertes, d’opéras. Si l’on rajoute à la liste un temps radieux, je peux dire que je fût comblé. Maintenant, c’est sur, il va falloir y retourner! Et beaucoup de fois!
















