Mon quotidien c’est la banlieue

En fait, c’est pas exactement l’idée que se font les Anglais de la banlieue. Vivre en banlieue, c’est plutôt l’aboutissement, c’est le symbole de la réussite d’un mode de vie ou l’on est propriétaire de sa maison, de son jardin et de son garage. Le dimanche on peut nettoyer sa voiture et même, dans des situations climatiques exceptionnelles comme on en connaît actuellement, arroser sa pelouse. La banlieue, c’est un endroit proprette. D’un point de vue esthétique, la première chose qui frappe l’œil de l’arrivant, c’est l’usage massif de la brique. D’un point de vue humain, eh bien c’est l’absence d’humains.

Animation débridée dans les rues durant ce dimanche après-midi

Oh bien sur, il y a souvent quelques enfants sur un vélo ou avec un ballon, et quelques bricoleurs ou arrangeurs de garage, mais le plus souvent, on ne sort de son chez soi que pour prendre la voiture. Il y a tout de même une interrogation qui reste : je ne comprends pas pourquoi les anglais s’éloignent toujours plus du centre, s’installant parfois au beau milieu d’un champ comme c’est le cas de mon quartier, et ne parviennent pas à avoir un jardin qui dépasse les dix mètres carrés et qui ne soit pas coincé entre deux palissades, celles des jardins voisins.

J’ai mentionné la présence d’un champ : je suis assez content d’avoir un prétexte pour parler de mon champ. Pourtant, rien de bien extraordinaire. C’est un champ somme toute assez banal, mais il a le grand avantage d’être situé juste au pied de ma fenêtre, et d’être occupé par de nombreux chevaux forts sympathiques.

Vous ai je dit qu'il y a un champ au pied de ma fenêtre?

Un des nombreux habitants du champ

Et un autre, tiens!

Aussi, le concept de partager des maisons en deux ou parfois trois sections est assez étrange. Il n y a aucune intimité, chaque maison est collé aux autres – rien que de ma fenêtre je peux observer trois jardins et six portes d’entrées- et la sensation esthétique qui s’en dégage (et l’on ne parlera pas de l’usage massif de la brique) est assez triste, faite d’uniformité. Et encore, j’habite un des quartiers les plus chics de ce coté ouest de la ville, mais certains sont vraiment tristes. Autre chose, l’on est vraiment coupé du monde, dans un univers playmobil, et le temps prend ici une autre dimension, plus lent. Par contre, silence de paysage lunaire et sécurité totale. Mais je ne comprends pas cette tendance à vouloir recréer une architecture urbaine avec tous ses inconvénients sans les avantages qu’offre le centre ville.

Originalité et usage de la brique étaient les priorités de l'architecte

Par contre, ce qui est assez impressionnant, c’est la complexité de la toile périphérique, avec des centres de communauté ou se concentrent supermarché, coiffeur, restaurant, école, le tout relié aux différents quartiers par des innombrables chemins. En prenant en compte tout ce qu’elle offre, la vie de banlieue c’est pas si mal, et même plutôt bien pour une année, mais jamais je ne pourrai imaginer vivre ma vie ici

Vous avez dit poli?

La politesse Anglaise n’est pas une légende, mais bien une réalité à laquelle l’on est confronté au quotidien. Trop confronté ! Alors certes, il n’ya rien de mal à cela. Mais ca devient vite caricatural, à un tel point que l’on est en droit de se demander si ils pensent vraiment ce qu’il disent ou si cela relève d’un emprisonnement dans un code social que l’on applique pour éviter le jugement de l’autre. Si l’on écoute une conversation en Anglais, on est vite surpris par le nombre de fois ou l’on entend les gens dire « please » et « thank you ».

Démonstration :

« Pourrais-je avoir du pain, s’il vous plait ?

Merci, ca fera 1£50

Désolé, j’ai seulement des billets

Pas de problème

Merci

Et voila votre monnaie, merci

Merci

Merci, au revoir »

Le pire est peut être que les Anglais eux même ont parfois conscience que leur réaction est souvent quelque peu exagérée. Quand aux étudiants internationaux, qu’ils soient vietnamiens ou espagnols, jordaniens ou chinois, dans leur top 3 des défauts anglais, après la cuisine et le temps, on retrouve la politesse des anglais. Seul les Japonais ne sont pas choqués, expliquant qu’ils sont peut être pire dans leur comportement.

Dans cette abondance de bienveillance, il n’y a plus de distinctions. Ainsi, au cuisinier qui aura passé l’après midi à confectionner son repas, on ne peut que lui faire remarquer combien « it’s delicious », de même qu’un repas au Mcdo est considéré comme « delicious ».

Dans une autre catégorie, « ouvrez la fenêtre » est perçu comme un peu rude, et c’est bien normal. Un individu moyen usera donc de la formule « pourriez vous ouvrir la fenêtre, s’il vous plait ? ». J’ai quand même entendu des « Seriez-vous extrêmement aimable d’ouvrir la fenêtre si cela ne vous dérange pas ? ». Voila une formulation tout à fait « lovely ».

Mais le pire reste cette manie à s’excuser pour rien et à tout bout de champ, qui donne envie de leur dire d’avoir un peu plus de fierté. Finalement, il y a indubitablement une véritable politesse, qui se remarque à travers de nombreux gestes, et une attention portée à l’autre, ce qui change agréablement. Néanmoins, l’abus parfois caricatural ou le ton machinal avec lequel certaines formules sont dites laisse un doute sur la sincérité de la personne. Les anglais sont ils alors réellement bienveillants, ou dissimulent ils avec fourberie leur véritable pensée ? Je laisse à chacun se faire son propre avis sur la question. Une chose est sure, il y a vraiment pire comme défaut !

Cambridge

Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de présenter Cambridge. La renommée de son université à suffit à la faire connaître aux yeux du monde, et continue d’ailleurs : près de 800 ans ont passés et celle ci est toujours présente dans la fantasmatique de beaucoup d’étudiants. Avoir réussi à préserver ses traditions et  sa beauté architecturale tout en ayant su y incorporer une modernité et une ambiance ou il fait bon vivre, voila en quoi réside le principal attrait du campus. La qualité de l’enseignement ne doit pas être trop médiocre non plus, mais je ne peux juger que de ce que j’ai vu. Ce samedi la, je n’avais que le statut de touriste rêveur.

Mais pourtant, en sortant de la gare, l’on est bien loin de l’image romantique que l’on se fait de la ville. Il est vrai que les deux kilomètres qui la sépare du centre n’est pas la première amorce rêvée. Pourquoi avoir placé cette satanée gare si excentrée? Selon la légende,  celle ci fut volontairement construite à distance de la ville et de l’université afin d’empêcher les étudiants d’être distraits par l’idée d’une balade à Londres. Plus simplement, il semblerait que la nature géologique des sols à cet endroit se prêtait plus à la construction. Toujours est il que la première vision que le voyageur a en descendant du train est une succession de grandes barres d’immeubles et de maisons banales alignées le long d’une immense rue qui rejoint le centre. Décevant, donc.

Néanmoins, après un certain temps de marche, la foule s’épaissit, au point de devenir compacte, et nous voila donc sur la place du marché, petite place carrée ou se regroupent quelques dizaines d’étals aux produits divers. Encore une fois, rien de bien extraordinaire.  Et c’est alors qu’on l’aperçoit, majestueuse, belle dans sa simplicité : la King’s College Chapel, accolée à la Senate House qui forme le centre de l’université, marque le début d’une frontière invisible avec un monde atemporel.

Le centre de l'Université faisant face au parc

Le meilleur moyen pour se donner un aperçu de l’ensemble du campus historique, et le plus économique aussi (quand on pense que presque chaque collège nécessite un billet d’entrée), tout en offrant un charme indéniable reste de s’embarquer sur une barque qui durant 45 minutes permet de traverser en longueur le site. C’est aussi l’unique manière d’admirer cette imitation du Pont des Soupirs (qui si l’on excepte le fait qu’il s’agit d’un pont couvert, n’a cela dit en passant rien à voir avec celui de Venise) qui faisait le bonheur de la Reine Victoria lors de ses visites.

En face de vous, le Pont des Soupirs

Après cette agréable croisière, je ne pouvais plus ignorer la Chapelle, qui où que l’on soit sur le site, attire le regard comme un vieux néon cramoisi attire un insecte, à un tel point que c’est (presque) sans rechigner que je paye les 4 livres 50 d’entrée. Les premiers pas sont presque irréels, et l’on se sent paradoxalement écrasé par les dimensions gigantesques du lieu, l’accumulation des vitraux brillants renforçant cette impression d’un caractère divin (ce qui en fin de compte est un peu le but même de l’édifice, mais ça montre au moins qu’il a été bien pensé).

L'accumulation des vitraux donne ici un rendu superbe

Si l’on devait la décrire, j’oserai un rapprochement avec l’artère centrale de Notre Dame.

La complexité et le détail de la voûte émerveille

Seul point noir, dans tous les sens du termes, cet immense orgue en plein milieu de la Chapelle qui brise toute la continuité architecturale.

Le site en lui même du campus est extraordinaire, traversé par le canal et parsemé d’arbres centenaires, de prés, et chaque recoin de pelouse est un lieu de flânerie pour les étudiants.

A l'ombre des arbres le long du canal

Sur le chemin qui ramène à la gare, c’est définitivement que je considère la ville de Cambridge comme commune. Le centre historique est certes agréable, mais il ne se résume qu’a quelques rues et l’agglomération qui l’entoure, ponctuée d’immenses centre commerciaux et de restaurants, est décidément très banale.

Les maisons du vieux centre bordant l'Université

Au terme de la journée, et dans le train qui me rentre à Norwich, je réfléchis à la question que tout le monde se pose réciproquement : “alors, tu te verrais étudier ici?”. Étrangement, la réponse attendue prend du temps à venir. Bien sur, c’est une université de renommée mondiale, avec un patrimoine unique et une qualité d’enseignement combinée avec des moyen aux service des élèves sans commune mesure. Mais la foule démesurée qui piétine dans les étroites ruelles de la ville et pénètre dans la quasi-totalité des bâtiments du campus empêche toute appropriation du lieu par ses étudiants, chose qui me gênerait beaucoup. Bon après, on se moque de qui? Si l’on me propose un jour de revenir ici comme membre actif, je dis oui immédiatement.

Néanmoins, l’image de la ville idéale est légèrement écornée, mais reste une très belle destination touristique et définitivement un mythe pour tout amoureux du savoir.

Le campus, ou la Babel moderne

Il est toujours intéressant de prendre le temps d’observer les origines des différents étudiants internationaux qui composent une université, dans le sens ou cela permet de déduire à travers les tendances qui se dégagent les zones géographiques ou les universités essayent de s’imposer.
Le premier constat que l’on peut tirer est que l’Angleterre est loin d’avoir rompu les liens intellectuels qui la rattachent à ses anciennes colonies : ils sont tous là !
Pakistanais, Indiens, Américains, Canadiens, Australiens (nous sommes d’accord pour dire que cela est assez injuste, maitrisant déjà la langue du pays et pouvant donc profiter pleinement du -nombreux- temps libre qui leur est accordé, cette année ou ce semestre universitaire ressemble plus pour ces étudiants à une année sabbatique qu’à autre chose, enfin). Pourquoi l’Angleterre ? On est en droit de se poser la question ! Si j’avais la chance de maitriser l’anglais, je profiterais de cet atout pour choisir une destination plus agréable et ainsi apprendre une nouvelle langue, au lieu de me conforter paisiblement dans mes acquis. On peut proposer plusieurs réponses à cette question. Je soupçonne en premier lieu la position géographique même du pays, parfait camp de base à la langue maternelle pour des excursions économiques dans les capitales européennes, qui continuent toujours autant de fasciner. Ensuite, je suppose que la taille relativement petite du pays et la légendaire politesse des ses habitants, combinée à une légère touche de démodé, doit avoir un coté particulièrement dépaysant pour eux. Enfin, je suis sûr que ça doit être très amusant de faire le chemin en sens inverse, quelques centaines d’années après.
La place est belle également pour le vieux continent. De l’Espagne à la Russie, de la Suède à la Roumanie et de la Bulgarie à l’Albanie, toutes les communautés sont représentées ici. Les motivations de ces étudiants sont plus faciles à comprendre : pour eux, c’est un moyen d’améliorer leur connaissance de la langue dont ils ont tant besoin pour leurs futurs concours ou métiers rêvés.

La diversité de la communauté étudiante internationale ne serait pas complète sans l’apport de l’Asie du Sud Est. Énormément de Chinois, un peu de Coréens, beaucoup de Japonais et de Malaisiens. La manne financière que représente cette partie du globe pour les universités est colossale, d’autant plus qu’il s’agit le plus souvent d’inscriptions pour un cycle et non une simple année d’échange. Sur le campus, tout est fait pour faciliter le plus possible l’adaptation de ces étudiants, et l’abondance des produits chinois dans les rayons du supermarché est révélatrice. Néanmoins, on peut regretter de leur part une absence de désir d’intégration évidente, et les voir retranchés en groupe laisse dubitatif quand aux motivations qui les ont amenés à faire leur études sur le sol Anglais.

Ainsi, les Universités Anglo-saxonnes ont pris une bonne longueur d’avance sur les nôtres, en privilégiant une ouverture internationale qui joue un rôle non négligeable dans leur renommée et à leur système financier.

Cromer

Charmant petit village de quelques milliers d’habitants au Nord de Norwich, Cromer, dont le principal attrait est d’être situé sur la côte du Norfolk est une bonne idée de destination pour un jour de fin de semaine. Toute son économie est fondée sur le tourisme balnéaire et la pêche, et c’est pour son crabe que la ville est réputée. Ça tombe bien, le principal lieu de sortie, la jetée, réunit les deux. Lieu de détente pour les uns, lieu de pêche pour les autres. Pour pêcher du crabe depuis une jetée, le mécanisme est assez simple. On jette un filet avec un appât au fond, le tout relié à une ficelle, et toutes les trois minutes on remonte celui ci pour vider les malheureux crabes dans un seau et on recommence. La récolte est prolifique pour les pécheurs de tout âge dans une atmosphère bon enfant. Une fois le seau plein, celui ci se destine soit à la consommation familiale, soit aux nombreux Fish and Chips de la communauté, ce qui génère un peu d’argent de poche pour la jeunesse tout en alimentant les débits de crabe.

La jetée à marée basse

Cromer a su conserver un cycle économique qui se suffit à lui même. Après une étude approfondie de ces faits, c’est donc naturellement que je ressens une profonde obligation morale d’aider à entretenir ce cercle. Après une petite assiette de crabe cru, c’est au tour du Fish and Chips, ou plutôt du Crabstick and Chips.

Le Fish and Chips est une étape obligée de la visite

Crabstick and Chips, ou l'art de se nourrir pour quelques livres. Inutile de préciser qu'il s'agit la d'un aliment sain et diététique, à consommer avec modération néanmoins.

Entre les péches au filet, les fouilles minutieuses de la plages par une armée d’épuisettes, l’espérance de vie du crabe est faible, et il faut être un crabe très malin pour voir le soleil se coucher sur Cromer. Pas un centimètre carré de la plage n’est épargné!

Ce nid de varech ne suffira pas à protéger le crabe. Trop exposé et trop facile d'accés

Il serait réducteur de limiter Cromer à sa production crabesque. En marchant dans le petit centre, on a l’impression que rien n’a vraiment bougé depuis les années 30, du marchand d’épuisettes aux pâtisseries, des nombreuses salles de jeux aux pubs de fond de cour, le tout sous le regard vigilant d’un clocher impressionnant.

Un coup de cœur particulier pour les deux goinfres à droite

Les propriétaires d’établissements, désireux de conserver une clientèle vieillissante ou dynamique, pensent à tout dans les moindres détails :

Cromer donc, est la parfaite destination familiale. Paisible, facile d’accès, elle offre également un bon camp de base pour aller respirer l’air du large, et il serait intéressant de revenir en hiver pour découvrir son autre visage, mais cette fois, au lieu de déguster du crabe sur un banc ensoleillé, ce sera derrière une baie vitrée et près de la cheminée.

Un mois!

Eh oui, cela fait aujourd’hui un mois jour pour jour que j’ai laissé derrière moi les rivages de la Grande Bleue pour les marais du Norfolk. Formulé de cette manière, il est vrai que l’on peut se demander si c’était une si bonne affaire que ça mais avec le recul il n’y a pas de regrets à avoir, et j’ai eu la chance de disposer des meilleures conditions pour faciliter mon intégration, avec comme premier chef le climat. Mais tout de suite je laisse la parole à Bobby, qui sera notre consultant climatique tout au long de cette année :

“Merci. Mon bulletin sera bref, encore un ciel radieux aujourd’hui, comme nous en avons pris l’habitude depuis maintenant près d’un mois, avec un vent qui se fait de plus en plus persistant et un froid de plus en plus polaire. Je plains sincèrement tous les jeunes étudiants qui se rendent à l’université tôt dans la matinée et qui regardent avec un regard plein d’espoir la route à l’horizon, essayant d’apercevoir le bus salvateur avant que leurs pupilles ne se gèlent. Nous conseillons pour la semaine à venir l’usage de gants, et recommandons vivement l’achat d’une panoplie hivernale”.

Vous l’aurez compris, il fait froid. C’est donc avec appréhension que j’attends l’hiver. Inquiétude apparemment guère partagée par les Anglais, qu’ils soient étudiants ou retraités. Le retraité de la maison d’en face continue chaque matin de sortir en chemise largement ouverte, et les étudiant ne sont pas encore passé de la collection été à celle d’automne/hiver. Mais c’est un froid stimulant pour les sens, ce qui me fait penser que pour vraiment comprendre le mouvement Romantique Anglais, il faut le faire sur place. Entre la pureté d’un air qui vous mord le visage et un vent qui vous fait parfois osciller, on a l’impression d’être en haute montagne, et le tout crée une atmosphère qui sied à merveille à la rêverie.

L’arrivée du bus, certes beaucoup moins lyrique mais cependant si gratifiante est vue à chaque moment de la journée comme une formidable occasion de fuir le froid. Le réseau de bus est beaucoup plus intelligent qu’en France et aussi tellement éloigné. Lorsqu’à Nice, l’on assiste à une ruée bestiale au moment de l’ouverture des portes pour s’approprier avant tous les rares places vacantes, et qu’un utilisateur sur deux paye son billet, en Angleterre nous sommes à milles lieux de la. L’on prend place dans une file d’attente soigneusement établie, et ce même si l’on n’est que deux personnes à attendre, on est obligés de passer individuellement devant le chauffeur pour payer ou faire valider notre ticket, et tout est bien ordonné, si aseptisé que l’on a l’impression de voir une publicité. Et puis bien sur, on peut profiter du fleuron technologique, de ce qui relève à la fois de la fierté et de l’identité anglaise, le bus à deux étages, chose que j’apprécie beaucoup, tout cela dans une atmosphère cordiale ou celui qui ne remercie pas le chauffeur en sortant est vu comme le pire des goujats.

Le début d’une histoire

Voila, ça y est : après des mois de combat et d’appréhension, notre jeune héros est finalement parvenu à rejoindre la perfide Albion sous une couverture astucieuse, Erasmus, ce programme universitaire consistant à valider une année universitaire dans une université étrangère. N’ayant jamais posé les pieds sur le sol anglais jusqu’il y a un mois, c’est donc naturellement que je me suis mis à prendre note de toutes les remarques de voyageurs aguerris avant le départ : “Il va faire tellement froid que tu va croiser des manchots empereurs en sortant de chez toi; Tu ne t’alimenteras que de nourriture indienne ou chinoise” pour n’en citer que quelques uns. Si il y a parfois plus qu’un fond de vérité dans ces idées, il est de notre devoir de rassurer le lecteur : l’Angleterre n’est pas un pays si hostile que ça, et si le comportement de l’Anglais moyen est parfois étrange, voir parfois incompréhensible pour le néophyte, celui ci reste néanmoins tout à fait amical. Les articles qui vont suivre sur ce blog ne se veulent pas exhaustif. Ceux ci essayeront plutôt de faire partager mes découvertes et mes émotions, mes coups de cœur et mes interrogations. Comme aurait dit Montaigne si il avait pu bénéficier des dernières technologies, c’est ici un blog de bonne foi, lecteur. Il t’avertit, dés l’entrée, que je ne m’y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je l’ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis et je vous assure que je m’y serai volontiers peint tout nu, si seulement il ne faisait pas aussi froid!